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Le prix affiché sur la vitre d’un véhicule d’occasion ne raconte souvent qu’une fraction de l’histoire. Au Québec, où le climat, la fiscalité provinciale et le coût de l’énergie suivent des trajectoires bien à eux, deux véhicules vendus au même prix peuvent générer, après cinq ans de possession, un écart de plusieurs milliers de dollars.
C’est précisément ce que mesure le coût total de possession (CTP) : la somme réelle déboursée pour acquérir, alimenter, entretenir, assurer et immatriculer un véhicule sur toute la durée de détention, déduction faite de sa valeur de revente.
En 2026, la question « électrique, hybride ou essence ? » se pose avec une acuité nouvelle. La stabilisation du prix de l’essence autour de 1,70 $ le litre, le tarif d’électricité parmi les plus bas en Amérique du Nord, la fin programmée du programme Roulez vert et l’arrivée d’une contribution annuelle sur les véhicules électriques en 2027 redéfinissent l’équation économique.
Pour l’acheteur de véhicule d’occasion, ces variables sont d’autant plus déterminantes que la dépréciation la plus brutale — celle des premières années — a déjà été absorbée par le premier propriétaire.
Ce guide décompose le coût total de possession poste par poste, à partir de données québécoises de 2026, afin de déterminer quelle motorisation offre réellement le meilleur rendement sur cinq ans. Chez Auto Durocher, un inventaire varié de véhicules à essence, hybrides et électriques permet justement de comparer ces options côte à côte selon votre budget et votre kilométrage annuel.
L’erreur la plus répandue chez l’acheteur consiste à concentrer sa négociation sur le prix d’acquisition, en traitant le carburant, l’entretien et l’assurance comme des dépenses accessoires diffuses. Or, sur un horizon de cinq ans et 100 000 kilomètres, ces postes d’exploitation représentent souvent une somme équivalente, voire supérieure, à la dépréciation elle-même.
Le coût total de possession se compose de cinq grands postes. La dépréciation — la différence entre le prix payé et la valeur de revente — demeure presque toujours la dépense la plus lourde. Viennent ensuite l’énergie (essence ou électricité), l’entretien (mécanique, pneus, freins), l’assurance et, enfin, les frais réglementaires (immatriculation, taxes et contributions provinciales). C’est l’addition pondérée de ces cinq postes, et non le seul prix affiché, qui révèle le véritable coût d’un véhicule.
La motorisation influence chacun de ces postes dans des directions opposées. Un véhicule électrique réduit radicalement l’énergie et l’entretien, mais coûte généralement plus cher à assurer et se déprécie plus rapidement à l’état neuf. Un hybride occupe une position intermédiaire et conserve remarquablement bien sa valeur. Un véhicule à essence demeure le moins coûteux à l’achat et à l’assurance, mais sa facture de carburant impacte plus fortement le budget mois après mois. Comprendre ces arbitrages est la clé d’une décision rationnelle.
Aucune comparaison de motorisations n’a de sens sans l’ancrer dans les coûts réels. Quatre paramètres propres au Québec en 2026 pèsent sur le calcul.
L’électricité résidentielle au Québec demeure un avantage concurrentiel majeur pour les véhicules électriques. Au Tarif D, le prix de la première tranche s’établit à 6,76 ¢/kWh en 2026, après la hausse de 3 % entrée en vigueur le 1er avril, et grimpe à 10,52 ¢/kWh au-delà de 40 kWh par jour. Pour la quasi-totalité des ménages qui rechargent à domicile sur une borne de niveau 2, l’énergie consommée par le véhicule se facture donc au tarif de première tranche.
Concrètement, recharger un véhicule électrique pour parcourir 20 000 kilomètres par an coûte environ 270 $ d’électricité à la maison — un montant si faible qu’il transforme l’ensemble de l’équation. Même en intégrant quelques recharges rapides publiques (plus chères) et la pénalité d’autonomie hivernale, le coût annuel réaliste demeure inférieur à 400 $.
Du côté thermique, le prix moyen de l’essence ordinaire au Québec gravite autour de 1,70 $ le litre en 2026, avec des écarts régionaux pouvant dépasser 15 ¢ d’une zone à l’autre. Pour un véhicule consommant 8 litres aux 100 kilomètres en conditions réelles (incluant l’hiver), la facture annuelle de carburant atteint près de 2 720 $ — soit dix fois le coût de recharge d’un véhicule électrique équivalent.
Le droit d’immatriculation annuel d’une automobile de promenade s’élève à environ 154 $ en 2026 hors région métropolitaine (la facture grimpe sensiblement dans le Grand Montréal en raison de la taxe pour le transport collectif). Jusqu’ici, les véhicules électriques bénéficiaient d’allègements; cet avantage prend fin.
À compter du 1er janvier 2027, Québec imposera une contribution annuelle de 125 $ aux propriétaires de véhicules électriques et de 62,50 $ aux propriétaires de véhicules hybrides rechargeables (les hybrides classiques, non rechargeables, n’y sont pas assujettis), pour compenser la part de la taxe sur le carburant qu’ils ne paient pas. Cette contribution sera indexée annuellement. Sur une période de détention de cinq ans débutant en 2026, un véhicule électrique encaissera donc cette charge pendant quatre de ces cinq années — un facteur à intégrer au calcul, même s’il reste modeste face aux économies d’énergie.
Le programme provincial Roulez vert, pilier de l’électromobilité québécoise, entre dans sa phase finale. L’aide à l’achat d’un véhicule électrique d’occasion, jadis fixée à 2 000 $, a été réduite et disparaîtra complètement en 2027. Pour 2026, l’acheteur d’un véhicule électrique usagé admissible peut encore retrancher un montant de l’ordre de 1 000 $ de son coût d’acquisition — un coup de pouce qu’il convient de valider, car les montants et critères évoluent rapidement. Cette fin du programme renforce l’urgence d’agir avant la fin de 2026.
Pour comparer des pommes avec des pommes, nous modélisons l’achat de trois véhicules d’occasion récents de segment compact, conservés cinq ans et roulés 20 000 km par an, soit 100 000 km au total. Les véhicules retenus sont représentatifs de l’inventaire d’occasion québécois : une berline à essence (type Honda Civic ou Toyota Corolla), une hybride classique (type Toyota Corolla hybride) et une électrique de gamme comparable (type Tesla Model 3 ou Hyundai Kona électrique). Fait important pour la suite : le véhicule électrique est ici le plus cher à l’achat — ce qui reflète la réalité du marché pour un VÉ de segment et d’équipement équivalents — et c’est précisément ce désavantage de départ que ses faibles coûts d’exploitation devront compenser.
| Hypothèse | Essence | Hybride | Électrique |
| Prix d’acquisition (occasion) | 24 000 $ | 26 000 $ | 28 000 $ |
| Consommation réelle | 8,0 L/100 km | 5,2 L/100 km | 20 kWh/100 km |
| Coût de l’énergie | 1,70 $/L | 1,70 $/L | ~0,095 $/kWh (mixte) |
| Kilométrage annuel | 20 000 km | 20 000 km | 20 000 km |
| Durée de détention | 5 ans | 5 ans | 5 ans |
Les données sont fournies à titre d’exemple seulement, à partir de modèles usagés récents. Votre situation réelle dépendra du modèle exact, de votre profil de conducteur, de votre région et de l’évolution des prix de l’énergie et des programmes gouvernementaux.
C’est sur ce poste que l’écart se creuse le plus nettement. Déplacer un véhicule à l’électricité au Québec coûte une fraction de ce qu’exige l’essence.
| Motorisation | Coût d’énergie annuel | Coût sur 5 ans |
| Essence (8,0 L/100 km) | 2 720 $ | 13 600 $ |
| Hybride (5,2 L/100 km) | 1 768 $ | 8 840 $ |
| Électrique (20 kWh/100 km) | ~380 $ | ~1 900 $ |
Sur cinq ans, le véhicule électrique économise près de 11 700 $ de carburant par rapport à l’essence, et l’hybride en économise environ 4 760 $. Il faut toutefois nuancer : la performance hivernale réduit l’autonomie électrique réelle, et l’usage de bornes rapides publiques (plus chères que la recharge résidentielle) érode une partie de cet avantage. Le propriétaire qui recharge principalement à domicile sur une borne de niveau 2 capte la quasi-totalité de l’économie; celui qui dépend des bornes publiques en récupère moins.
Le second avantage des motorisations électrifiées tient à la mécanique. Selon CAA-Québec, les propriétaires de véhicules électriques dépensent de 40 à 50 % de moins en entretien que ceux qui conduisent un véhicule à essence : ni vidange d’huile, ni filtre à huile, ni bougies, ni système d’échappement, et une usure des freins fortement réduite grâce au freinage régénératif.
| Motorisation | Entretien annuel estimé | Coût sur 5 ans |
| Essence | ~900 $ | 4 500 $ |
| Hybride | ~750 $ | 3 750 $ |
| Électrique | ~350 $ | 1 750 $ |
L’hybride se situe entre les deux : il conserve un moteur thermique à entretenir, mais sollicite moins ses freins. Un bémol propre au véhicule électrique mérite d’être signalé : le freinage régénératif si efficace peut entraîner une sous-utilisation des freins mécaniques, dont les disques finissent par s’oxyder par manque de sollicitation. Un entretien préventif peu coûteux, mais à ne pas négliger sous notre climat, est à considérer.
L’assurance est un poste où le véhicule électrique est désavantagé. Sa prime est généralement plus élevée que celle d’un équivalent à essence, principalement en raison d’un coût de réparation supérieur (batterie, électronique, carrosserie spécialisée) et d’un volume de polices encore restreint. L’écart n’a toutefois rien d’automatique : certains assureurs québécois offrent des rabais spécifiques aux véhicules électriques, et la prime varie énormément selon la région, le dossier de conduite et le modèle.
Aux fins de notre modèle, nous retenons des primes annuelles illustratives de 1 300 $ pour l’essence, 1 350 $ pour l’hybride et 1 550 $ pour l’électrique, soit respectivement 6 500 $, 6 750 $ et 7 750 $ sur cinq ans. Le surcoût d’assurance du véhicule électrique (environ 1 250 $ sur la période) reste modeste comparé à ses économies d’énergie et d’entretien, mais il doit figurer au bilan pour éviter les conclusions trop optimistes.
La dépréciation est presque toujours le poste le plus lourd du coût total de possession, et c’est précisément ici que l’achat d’un véhicule d’occasion rebat les cartes.
À l’état neuf, les motorisations divergent radicalement. Les données de l’industrie canadienne situent la dépréciation moyenne sur cinq ans autour de 41,8 %, mais avec un fossé considérable entre les véhicules électriques (environ 57 %) et les hybrides (environ 35 %), ces derniers conservant le mieux leur valeur de tous. Le véhicule électrique neuf perd ainsi près de 30 % de sa valeur dès la première année.
Pour l’acheteur d’occasion, cette réalité devient un avantage stratégique. En acquérant un véhicule électrique de quelques années, vous laissez le premier propriétaire absorber la chute de valeur. La dépréciation résiduelle, sur les cinq années suivantes, s’aplatit et se rapproche de celle des autres motorisations.
| Motorisation | Prix d’achat | Valeur résiduelle estimée (5 ans) | Dépréciation |
| Essence | 24 000 $ | 11 000 $ | 13 000 $ |
| Hybride | 26 000 $ | 13 500 $ | 12 500 $ |
| Électrique | 28 000 $ | 11 000 $ | 17 000 $ |
L’hybride se distingue par la meilleure rétention de valeur, ce qui en fait le choix le plus sûr pour qui prévoit revendre. Le véhicule électrique, lui, cumule le prix d’achat le plus élevé et la dépréciation en dollars la plus lourde — c’est son talon d’Achille. Cet écart de départ d’environ 4 000 $ par rapport à l’hybride, et de 4 500 $ sur la dépréciation, doit être entièrement compensé par les économies d’énergie et d’entretien pour que le VÉ demeure avantageux. La garantie de longue durée de la batterie, encore active sur un véhicule de quelques années, limite par ailleurs le risque de mauvaise surprise sur le poste le plus coûteux du véhicule.
En additionnant les cinq postes — et en retranchant l’incitatif Roulez vert pour le véhicule électrique d’occasion — le portrait complet se dessine.
| Poste (5 ans) | Essence | Hybride | Électrique |
| Énergie | 13 600 $ | 8 840 $ | 1 900 $ |
| Entretien | 4 500 $ | 3 750 $ | 1 750 $ |
| Assurance | 6 500 $ | 6 750 $ | 7 750 $ |
| Immatriculation et taxes | 770 $ | 770 $ | 1 270 $ |
| Dépréciation | 13 000 $ | 12 500 $ | 17 000 $ |
| Incitatif Roulez vert (occasion) | — | — | −1 000 $ |
| Coût total de possession | 38 370 $ | 32 610 $ | 28 670 $ |
| Coût par kilomètre | 0,384 $ | 0,326 $ | 0,287 $ |

Le verdict demeure clair sur le plan financier, et il l’est d’autant plus qu’il résiste au scénario le plus défavorable au véhicule électrique : même en lui attribuant le prix d’achat le plus élevé (28 000 $) et la dépréciation en dollars la plus lourde, le VÉ d’occasion revient encore environ 9 700 $ moins cher que l’équivalent à essence sur cinq ans et 100 000 kilomètres, tandis que l’hybride économise près de 5 800 $. L’avantage du véhicule électrique ne vient pas de son prix d’acquisition — où il part perdant — mais de l’énergie et de l’entretien, deux postes où le Québec, grâce à son hydroélectricité bon marché, creuse un écart que ni le surcoût d’assurance, ni la contribution provinciale de 2027, ni une dépréciation plus rapide ne comblent.
Ce résultat ne signifie pas que le véhicule électrique soit le bon choix pour tous. Le calcul suppose un accès à la recharge résidentielle, un kilométrage annuel de 20 000km et une tolérance aux contraintes hivernales d’autonomie. Modifiez ces hypothèses, et l’équilibre se déplace.
Le profil « gros rouleur avec borne à domicile ». Si vous parcourez 20 000 km ou plus par année et disposez d’une borne de niveau 2 à la maison, le véhicule électrique d’occasion est imbattable. Plus vous roulez, plus l’écart de coût d’énergie travaille en votre faveur, et plus vite vous rentabilisez le surcoût d’assurance.
Le profil « équilibre et tranquillité d’esprit ». Si vous n’avez pas accès à une recharge résidentielle, si vous effectuez de longs trajets fréquents, ou si la revente vous préoccupe, l’hybride classique offre le meilleur compromis : une facture de carburant réduite de moitié par rapport à l’essence, aucune anxiété d’autonomie, aucune contribution provinciale supplémentaire et la meilleure valeur de revente du marché.
Le profil « petit budget et faible kilométrage ». Si vous roulez peu (moins de 12 000 km par an) et cherchez le prix d’acquisition le plus bas, un véhicule à essence fiable et économe peut demeurer pertinent : son désavantage en carburant pèse moins lourd à faible kilométrage, et son prix d’entrée reste le plus accessible.
Le coût total de possession est l’outil le plus honnête pour comparer des véhicules d’occasion, mais il exige de croiser de nombreuses variables : votre kilométrage, votre accès à la recharge, votre profil d’assurance et vos projets de revente. C’est exactement le type d’analyse que notre équipe pratique au quotidien.
Chez Auto Durocher, à Mirabel, vous trouverez sous un même toit des véhicules à essence, hybrides et électriques, tous inspectés rigoureusement à notre propre atelier. Nos conseillers peuvent vous aider à modéliser votre coût total de possession réel et, du côté du financement, à structurer un prêt qui tient compte non seulement de la mensualité, mais du coût d’exploitation global. Passez nous voir ou consultez notre inventaire en ligne pour comparer les options qui correspondent à votre budget et à votre réalité de conduite.
Sources :
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